Merci, Jacques !

CONCERT DE SOUTIEN A L ASSOCIATION CAP AU LARGE JACQUES HIGELIN AU THEATRE DE LA MER

Au printemps 2010, nous demandions, par l’intermédiaire d’une amie, à Jacques Higelin, s’il accepterait de venir jouer pour le concert de soutien à Cap au large. La réponse fut immédiate : oui ! Séduit par le projet associatif, mais aussi par la perspective d’une première partie assurée par les formidables Raoul Petite, dont le chanteur, Carton, était un ami de longue date du grand Jacques, ce dernier monta dans un train et débarqua un beau matin d’aout au Théâtre de la Mer, ébouriffé et souriant. Emu et intimidé, je connaissais la moitié du répertoire du chanteur par cœur mais essayait de n’en rien montrer, je ne savais si je devais lui serrer la main ou, comme j’en avais envie, lui faire la bise. Jacques m’étreint de lui-même, m’épargnant l’inconfortable situation des salutations maladroites. Egayés par quelques bourriches d’huitres et le Picppoul qui l’accompagne traditionnellement, notre petite bande de joyeux Garennes était déjà attablée, chantant guillerettement « L’herbe tendre ». Pas besoin de plus de présentations, Jacques s’assit avec nous, et la paire d’heure que nous passâmes à claironner « d’avoir vécu le cul, dans l’herbe tendre, et d’avoir su m’étendre, quand j’étais amoureux… » restera un des plus grands moments de bonheur simple et amical.

Plus tard dans la soirée, je montais voir Higelin dans sa loge, je le trouvais à moitié tétanisé par le trac tandis que Raoul Petite chauffait le Théâtre de la Mer à blanc, je n’en revenais pas. « Toi, le grand Jacques, tu as le trac ? » « Ben tu ne te rends pas compte, m’a-t-il répondu, c’est pas facile de passer seul après Raoul Petite ». Je lui remboursais son billet de train, seule rétribution acceptée par Jacques, 70 balles en « classe Senior », comme me le précisa-t-il d’un air goguenard. Comme de bien entendu, Jacques donna ce soir-là un concert d’anthologie, seul avec son piano ou sa guitare, devant un théâtre archi-comble, nous offrant en plus de cette soirée inoubliable, un peu de répit dans nos déficits chroniques.

Trois jours plus tard, nous rejoignions Jacques à Calvi, le hasard du calendrier nous ayant réunis, nous avec le Laisse Dire, lui ayant préféré la voie des airs (il avait eu le privilège de voyager dans le poste de pilotage, ayant été reconnu par un pilote fan). Après un apéro à bord, Jacques étant venu nous visiter avec sa sœur vivant à Calvi, nous passâmes à nouveau une incroyable soirée en compagnie du poète qui avait écrit, plusieurs décennies plus tôt, la fameuse « ballade de chez Tao ».

« Vivez heureux, aujourd’hui, demain, il sera trop tard » est sans doute une des plus belles phrases écrites par Higelin, avertissement qui devrait guider les pas de chacun de nous chaque jour.

Merci Jacques, merci de cette rencontre, merci de ta générosité, de ton accessibilité, de ta beauté, ton cœur gigantesque, ta verve et ta sincérité.

A l’éternelle (et éphémère) beauté de la vie,

Hasta luego, mon cher ami

Vincent Bourdin

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